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12 septembre 2012

Le projet de supervision bancaire de la Commission européenne est de grande portée

Retrouvez les extraits de l'interview d'Ariane Obolensky dans le grand journal sur BFM Business.

 

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Hedwige Chevrillon

J'imagine que depuis ce matin, vous êtes un peu sur le pont, la Commission européenne a dévoilé son projet de supervision bancaire, d'union bancaire. Vous, dans un communiqué, vous avez dit que la FBF, la Fédération bancaire française, que vous dirigez, était contente, plutôt satisfaite, qu'en même temps, il y a beaucoup, beaucoup de questions. On voit bien que les banques allemandes, elles, sont assez inquiètes de ce rôle de "superviseur" que devrait jouer la Banque centrale européenne.


Ariane Obolensky

Des questions, il y en a, mais je voudrais dire que c'est quand même un jour très important, c'est une réforme de grande portée. C'est une réforme, à notre avis, positive et cohérente avec le concept d'Union monétaire. Vous vous souvenez certainement que même à l'époque du rapport Larosière, qui a été un précurseur dans ce domaine... Nous aurions souhaité que l'application soit plus généreuse, plus offensive. Bref, nous sommes satisfaits que l'Europe franchisse ce pas supplémentaire. Il n'empêche que c'est compliqué, il n'empêche aussi qu'il ne faut pas compter sur l'Union bancaire européenne pour régler tous les problèmes de l'Europe d'un coup de baguette magique. En ce qui nous concerne, nous pensons qu'il est absolument important de disposer d'une supervision de bonne qualité. Pour qu'elle soit de bonne qualité, il faut que toutes les banques y soient assujetties de la même façon.

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Hedwige Chevrillon

Justement, les Allemands ne veulent pas !


Ariane Obolensky

Enfin, le gouvernement allemand ne veut pas, les banques ont peut-être des idées différentes. Mais en ce qui me concerne, je pense que tout ceci doit reposer sur un bon équilibre entre la Banque centrale européenne, qui a accepté cette tâche très importante, et les superviseurs nationaux. Evidemment qu'il ne faut pas que les superviseurs nationaux soient rayés d'un trait. Il faut que la supervision commune repose sur leur expertise, sur leur connaissance du terrain et cela est tout à fait conforme à ce qui se passe dans le SEBC, ce n'est pas quelque chose de très original.


Hedwige Chevrillon

Oui, mais comment faire ? Vous avez dix-sept gouverneurs nationaux de banque nationale. Mais en même temps, là, il y aurait 6 000 banques. Comment contrôler 6 000 banques au niveau de la Banque centrale européenne ?


Ariane Obolensky

Lorsque le SEBC fait des opérations sur le marché monétaire, elle délègue aussi aux différentes banques centrales. Donc, c'est le superviseur, je pense, national qui continuera à envoyer ses équipes, vous imaginez bien que même pour des raisons linguistiques, ce serait aberrant de procéder autrement. Puis, nous, nous avons une supervision de bonne qualité, nous avons envie de la garder aussi. Simplement, lorsqu'il y a des choses à décider en commun, lorsqu'il y a des décisions à prendre qui engagent toutes les banques, on a bien vu dans les évènements récents qu'en fait, il y a une solidarité, qu'on le veuille ou non, il est bon, juste et nécessaire que ceci soit la même politique pour tous.


Si ce n'est pas le cas, on aura des distorsions, puisqu'on sait que les problèmes peuvent venir de grandes banques, mais peuvent venir aussi de petites banques, on a beaucoup d'exemples. Ce serait inefficace si on avait une supervision qui ne s'adressait qu'à une partie des banques.

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Hedwige Chevrillon

Est-ce que, Ariane Obolensky, vous êtes favorable à ce qu'il y ait - justement, ça y est, supervision bancaire, on va dire, ça y est, c'est fait ! - est-ce que vous êtes favorable à ce qu'il y ait un mécanisme de garantie des dépôts européen, au niveau européen, le même dans tous les pays ?


Ariane Obolensky

Dans un premier temps, la Commission a proposé, d'harmoniser les différents types de fonds de garantie des dépôts, ce n'est déjà pas si simple. La Commission demande une décision à la fin de l'année. Après, il faut mettre en place la supervision...


Hedwige Chevrillon

Vous y êtes favorables ou pas à la Fédération bancaire française ?


Ariane Obolensky

Il y a des discussions, on est favorables à telle modalité, un peu moins à d'autres, mais dans l'ensemble, oui, oui, bien sûr. On est favorables à ce qu'on rapproche les modalités des différents fonds de garantie. Après, notre autre question, c'est : Quand on aura mis en place la supervision européenne, peut-on mettre en place des mécanismes de fonds de garantie communs et des mécanismes de fonds de résolution, c'est-à-dire ce qui sert à payer les crises des banques? C'est un problème fondamental, qui a une certaine logique, mais qui est extrêmement délicat. Il faudra forcément qu'il y ait une répartition conforme des responsabilités et surtout un système de style assurantiel qui s'assure que, lorsqu'il y a des remboursements et des primes qui sont versés, c'est les risques pris. Sinon, le système sera pervers.

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Hedwige Chevrillon

La Banque publique d'investissement, on en a beaucoup parlé hier, Jean-Marc Ayrault a donné un peu les contours un peu vagues encore, mais 30 milliards d'investissement. Est-ce que, pour vous, c'est un nouveau concurrent, est-ce que ça veut dire quelque part qu'on a besoin de banquiers qui soutiennent nos entreprises ? Parce que ce n'est pas le cas de vos banquiers.


Ariane Obolensky

Je crois que dans tous les grands pays et en France en particulier, les banques ont l'habitude de travailler en coopération avec des institutions publiques qui cherchent à aider au financement des PME.


Hedwige Chevrillon

Vous êtes pour ou contre cette banque ?


Ariane Obolensky

Si c'est bien fait, je ne vois pas pourquoi on serait contre, ça ne peut qu'aider. Mais il serait dommage que cet organisme travaille sans le secteur bancaire ; les premiers qui en seront désolés, ce sont les chefs d'entreprise. Il faudra leur demander leur avis.


Hedwige Chevrillon

Est-ce qu'on en a besoin de cette banque ?


Ariane Obolensky

On a déjà cet instrument. Donc, en réalité, c'est un instrument qu'on reformule. Je ne trouve pas mal, de temps en temps, de reformuler les instruments publics, en fonction des besoins.

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