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Les projets de règlement encadrant la création d’un euro numérique de détail ont fait l’objet d’une orientation générale le 19 décembre 2025 entre les Etats membres au sein du Conseil Ecofin. Cette approche comporte un certain nombre de dispositions qui préoccupent les acteurs économiques. C’est pourquoi, avant les prochaines étapes institutionnelles, notamment au Parlement européen, les banques souhaitent expliquer leurs vues et exposer comment, à leur sens, il sera possible de parvenir à un véritable partenariat public-privé – comme l’appelle de ses voeux le Président de la République française, autour du projet d’euro numérique de détail porté par la Banque centrale européenne (BCE).
L’objectif de ce document de la Fédération bancaire française « L’euro numérique de détail : un partenariat public-privé, comment ? » est de répondre à deux questions essentielles :
1.Comment conclure un partenariat public-privé ?
Il faut modifier les projets de Règlement sur l’euro numérique afin de :
• demander à la BCE de réutiliser les infrastructures et les standards existants (notamment virement instantané et autres dispositifs déjà opérationnels) pour éviter leur duplication et donc des dépenses inutiles ; c’est la piste de « partenariat public/privé » ;
• encadrer ou mieux cadrer l’open funding pour que la relation client – et la distribution de l’euro numérique de détail – ne soit pas monopolisée par des acteurs extra-européens ;
• fixer une limite de détention basse en cohérence avec les usages des moyens de paiement (pour rappel, les encours moyens de monnaie de banque centrale détenus par les ménages pour des transactions sont proches de 100€ en moyenne) et les objectifs de stabilité financière et le financement bancaire des ménages et des entreprises dans la zone euro ;
• aligner le fonctionnement de l’euro numérique de détail hors ligne avec les standards de prévention de la fraude et de lutte contre la criminalité. Le dispositif actuellement envisagé pour l’euro numérique de détail hors ligne conduirait à la création d’un instrument de paiement numérique non traçable, ce qui entraverait l’action menée par les autorités publiques en matière de lutte contre la fraude, le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
2.Quels risques éviter ?
Ces propositions limiteront quelques-uns des risques forts que les acteurs privés des paiements identifient sur l’euro numérique de détail. Même avec ces évolutions, nous estimons que le projet d’euro numérique ne permettra ni de répondre aux enjeux de souveraineté européenne des paiements, ni de renforcer le rôle international de l’euro.
À l’inverse, nous estimons qu’il comporte le risque de mobiliser des ressources considérables – de l’ordre de plusieurs dizaines de milliards d’euros – qui pourraient être bien plus utilement consacrées au renforcement de la souveraineté européenne.
En effet, notre conviction et notre expérience est que la souveraineté européenne dans les paiements passe aussi par des acteurs de paiements et des solutions de paiement européens.
L'Euro numérique de détail : un partenariat public-privé, comment ? (PDF)
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