Communiqués de presse

Fraude aux moyens de paiement : les banques françaises relancent un appel à une mobilisation de l’ensemble des acteurs numériques et télécoms

Dans un contexte de forte progression des usages numériques et de développement rapide de nouveaux moyens de paiement, les banques françaises réaffirment leur engagement total dans la lutte contre la fraude. En 2025, même si les paiements scripturaux ont continué de progresser plus fortement que le montant total de la fraude, la fraude par manipulation a elle augmenté sensiblement. C’est pourquoi les banques françaises relancent leur appel à destination des acteurs du numérique et des télécoms à se mobiliser de manière opérationnelle pour prévenir, détecter et empêcher la diffusion massive d’escroqueries.

Les banques françaises, acteurs engagés de la sécurisation des paiements

La sécurité des paiements est en effet une priorité absolue des banques françaises. Celles-ci investissent massivement dans la cybersécurité, la détection des opérations atypiques, l’authentification forte et l’amélioration continue des parcours clients. Elles ont renforcé les messages d’alerte dans les applications bancaires, clarifié les écrans de validation des opérations et systématisé les contrôles lors de l’ajout de nouveaux bénéficiaires.

La profession bancaire a également soutenu de longue date la mise en place de dispositifs collectifs de partage d’informations utiles à la détection des virements frauduleux, notamment le service de vérification du bénéficiaire, déployé en octobre 2025, puis le fichier national des comptes signalés pour risque de fraude, mis en place en mai 2026. Ces outils permettent de renforcer la prévention en amont, en donnant aux prestataires de services de paiement des informations supplémentaires pour identifier les transactions à risque. Les banques françaises participent également à la sécurisation des paiements par carte à distance ne recourant pas au protocole technique 3-D Secure, dans le cadre d’un plan d’action associant mesures collectives et mesures ciblées sur les commerçants les plus exposés. Ce plan a déjà contribué à l’amélioration du taux de fraude sur les paiements par carte sur internet en 2024 et 2025 et doit se poursuivre en 2026.

Un engagement qui doit être partagé par tous les acteurs, notamment les acteurs du numérique

Cette maîtrise globale du niveau de fraude n’est pas suffisante car les fraudeurs peuvent s’abstraire des dispositifs techniques de sécurité bancaire en manipulant directement les clients, particuliers comme entreprises, souvent à partir de canaux numériques ou téléphoniques usurpés. La fraude par manipulation représente désormais 516 millions d’euros en 2025, soit un peu plus de 40 % du montant annuel total de fraude aux moyens de paiement — une proportion qui a doublé en quatre ans.

Les banques françaises rappellent que la fraude par manipulation prend très souvent naissance par des appels téléphoniques usurpés, SMS frauduleux, messageries instantanées, réseaux sociaux, fausses publicités, faux sites d’investissement ou usurpation d’identité de professionnels. Pour être efficace, la lutte contre ces fraudes ne peut donc pas reposer sur les seuls établissements bancaires.

Des études de régulateurs ou révélations de médias montrent que la diffusion des escroqueries est massive via les publicités en ligne et que trop peu est fait pour y remédier.

La profession bancaire renouvelle son appel de janvier 2026 aux plateformes numériques, aux réseaux sociaux, aux hébergeurs de messageries, aux opérateurs télécoms et à l’ensemble des acteurs de la chaîne numérique à se mobiliser de manière opérationnelle pour prévenir, détecter et empêcher la diffusion massive d’escroqueries. Cette mobilisation doit passer par un retrait plus rapide des contenus frauduleux, une meilleure vérification des annonceurs, un filtrage renforcé des messages et appels usurpés, ainsi qu’une coopération plus efficace avec les autorités et les établissements financiers.

Concrètement, les banques françaises appellent à :

  • renforcer la responsabilité opérationnelle des acteurs numériques dans la prévention des contenus, messages, publicités et comptes frauduleux utilisés pour initier les escroqueries ;
  • accélérer la coopération entre plateformes numériques et autorités publiques afin de détecter plus rapidement les scénarios de fraude et de bloquer les canaux utilisés par les réseaux criminels ;
  • garantir un cadre européen cohérent pour lutter contre les fraudes transfrontières, notamment celles qui exploitent les réseaux sociaux, les messageries et les fausses offres d’investissement. Depuis le 1er octobre 2024, certains appels non authentifiés par les opérateurs doivent ainsi être coupés. Ces premières mesures contre le spoofing (technique d’escroquerie consistant à contacter une personne par téléphone en se faisant passer pour un conseiller bancaire) doivent être étendues à tous les appels et SMS frauduleux et étendues au niveau européen ;
  • poursuivre les campagnes nationales de sensibilisation afin de rappeler les bons réflexes aux particuliers et aux entreprises face aux tentatives de manipulation.

Ne jamais communiquer ses codes ni valider une opération à la demande d’un tiers

Les banques françaises rappellent qu’aucun conseiller bancaire, aucune autorité publique et aucun service antifraude ne demandera jamais à un client de communiquer ses codes, mots de passe ou identifiants bancaires, ni de valider ou d’annuler une opération à distance.

En cas de doute, le bon réflexe est de raccrocher, de ne cliquer sur aucun lien suspect et de contacter directement sa banque par les canaux habituels.

Face à des fraudeurs toujours plus organisés, la protection des clients repose sur une mobilisation collective : celle des banques, des autorités, des acteurs numériques et télécoms, et de chaque utilisateur.

Benoît DANTON

bdanton@fbf.fr

06.73.48.80.40

Clara DELMOTE

cdelmote@fbf.fr

06.31.06.60.39

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