Communiqués de presse

Fraude aux moyens de paiements : un appel aux acteurs du numérique à se mobiliser

Alerte de fraude aux moyens de paiement sur smartphone bancaire

Au premier semestre 2025, la fraude globale a atteint 618 millions d’euros d’après les chiffres publiés par l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiements, enregistrant une hausse de 7 % par rapport au premier semestre 2024. Cette augmentation intervient dans un contexte de croissance des flux de paiement totaux, qui s’élèvent à 18 087 milliards d’euros (+5 %). La FBF salue la baisse constatée de la fraude sur les cartes bancaires et sur les chèques qui résulte de la forte mobilisation des banques françaises. L’augmentation de la fraude sur les virements, notamment instantanés, et de la fraude par manipulation appelle à une prise de conscience de l’ensemble des parties prenantes, notamment les plateformes Internet et réseaux sociaux, etc. La sécurité des paiements est une priorité absolue des banques françaises qui ne cessent d’investir dans ce domaine.

La Fédération bancaire française a lancé, par la voix de son Président, un appel, aux autorités françaises et européennes, lundi 26 janvier 2026, pour que les plateformes de réseaux sociaux, les hébergeurs de boites mails, participent de façon opérationnelle à prévenir, éviter et lutter contre la fraude ou contre les escroqueries, notamment aux investissements. De nouvelles études ou révélations de médias nous éclairent. Selon le régulateur britannique, au Royaume-Uni, en 2023, « Plus de la moitié des escroqueries impliquent des plateformes Meta (Facebook, Instagram, WhatsApp). » Selon des documents obtenus par l’agence Reuters, Meta estime que 10 % de son chiffre d’affaires total pour 2024 (environ 16 milliards de dollars sur plus de 160 milliards) provenait de publicités pour des escroqueries, des investissements frauduleux, etc. Meta diffuserait environ 15 milliards de publicités frauduleuses chaque jour. La diffusion des escroqueries est massive et trop peu est fait pour y remédier.

Pour lutter contre la fraude par manipulation et aux virements, la profession a déployé un certain nombre d’actions et qui sont visibles de tous au quotidien. A titre d’exemple :

1/ L’authentification forte pour vérifier l’identité d’un utilisateur en exigeant la combinaison d’au moins deux types de preuves d’identité différents.

2/ Les modifications de tous les écrans de nos applications pour expliciter au client son parcours : montants des opérations, bénéficiaire, expliquer qu’il s’agit d’un paiement et la possibilité est donnée d’autoriser ou de refuser.

3/ Depuis le 9 octobre 2025, un nouveau service de Vérification du Bénéficiaire (VoP – Verification of Payee) pour sécuriser les virements bancaires en vérifiant que le nom du bénéficiaire renseigné par le client correspond bien à l’IBAN du compte destinataire.

La lutte contre la fraude est l’affaire de tous, y compris des clients. Il est essentiel que les clients soient vigilants sur tout et pas seulement sur les paiements. Pour les alerter, le secteur bancaire mobilise des centaines de millions d’euros chaque année – en pédagogie, avec des équipes, de l’intelligence artificielle, etc. Dans la presse, les banques et la FBF ont lancé en 2023 une vaste campagne de sensibilisation « Ne donnez jamais ces données ». Cette campagne relancée, en lien avec les pouvoirs publics et les autorités en 2024 et en 2025, en plus des démarches d’information de chaque banque vis-à-vis de ses clients se poursuivra en 2026.

Enfin, la FBF estime que c’est avec l’ensemble des parties prenantes que nous pourrons le mieux lutter contre la fraude.

  • Le secteur bancaire est à l’initiative du projet d’outil de partage des informations sur les comptes de paiements susceptibles d’être frauduleux, que nous portons depuis plusieurs années et que nous allons pouvoir rendre opérationnel avec la Banque de France grâce à l’instrument juridique de la loi n°2025-1058 du 6 novembre 2025 visant à renforcer la lutte contre la fraude bancaire. Le lancement, début mai, de cet outil aura pour effet que les fraudeurs ne pourront pas agir plus d’une fois à partir du même compte.
  • Il faut enfin appliquer, et c’est la responsabilité des opérateurs télécom, les obligations de la loi de 2021 pour bloquer les appels. Depuis le 1er octobre 2024, certains appels non authentifiés par les opérateurs doivent ainsi être coupés. Ces premières mesures devraient avoir un impact sur la fraude par spoofing (technique d’escroquerie consistant à contacter une personne par téléphone en se faisant passer pour un conseiller bancaire), elles doivent être étendues à tous les appels et SMS frauduleux et étendues au niveau européen.

Les banques françaises continueront sans relâche à se mobiliser pour renforcer encore la sécurité et l’information de leurs clients. Mais si nous voulons réellement protéger les citoyens français et européens, il faut que l’Europe se penche sur ce problème d’inaction de certaines plateformes internet et réseaux sociaux notamment qui restent passifs devant les escroqueries diffusées.

Benoît DANTON

bdanton@fbf.fr

06.73.48.80.40

Clara DELMOTE

cdelmote@fbf.fr

06.31.06.60.39

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