Depuis 12 ans, 686 milliards de F. d’encours de crédit immobiliers ont fait l’objet d’une renégociation (soit 10 % de l’encours de crédits concernés en 1998), dont plus des deux tiers portent sur les cinq dernières années et le tiers sur la seule période 1997-1998, conséquence de l’âpre concurrence que se livrent les établissements.
En plafonnant le montant de l’indemnité de remboursement anticipé (à 3% du capital restant dû), la loi Scrivener a inauguré la pratique de la renégociation des conditions des prêts immobiliers. Celle-ci intervient dès que le mouvement des taux laisse apparaître un écart de 2 à 3 points par rapport au contrat initial, avec une durée de l’amortissement restant à courir de l’ordre de 5 à 7 ans.
On distingue différents types de renégociations au sens large :
- un prêt renégocié au sens strict est un prêt remboursé par anticipation en donnant lieu à l’ouverture d’une nouvelle ligne de crédit, très souvent auprès d’un autre établissement ;
- un prêt aménagé ou rééchelonné est un prêt dont les modalités de remboursement ont été aménagées ou rééchelonnées sans ouverture d’un nouveau crédit ;
- enfin, un remboursement anticipé habituel intervient en raison de la mobilité résidentielle de l’emprunteur ou l’apparition d’un événement imprévu (héritage...).
 
Les différentes catégories de renégociations au sens large (en milliards de F.)  
 | Renégociation au sens strict | Aménagement
Rééchelonnements | Remboursements anticipés habituels | Total |
1986 - 1988 | 73,8 | 69,1 | 66,1 | 209 |
1994 - 1998 | 160 (1) | 173,3 | 143,7 | 477 |
dont 1997 - 1998 | 92,5 | 88 | 58 | 238,5 |
Total | 233,8 | 242,4 | 209,8 | 686 |
(1) dont 40,5 PAP, 43,5 Prêts conventionnés et 76,0 prêts dans le secteur libre
Sources : Banque de France, estimations M. Mouillart, Banque magazine
Si la renégociation allège les charges d’intérêts pour les emprunteurs, elle engendre des pertes pour les établissements distributeurs : en se limitant à la vague 1994-1998, la perte est évaluée à 40 milliards de francs courants environ sur 10 ans, dont 30 milliards sur les 5 premières années.
Pour les cinq prochaines années, les prévisions tablent sur un encours de crédit de 135 milliards de F devant faire l’objet d’une renégociation au sens strict. |