Accueil Secteur bancaire français Actualités Les opérations de financement à long terme de la Banque Centrale Européenne  
 
 
 

Infos  

 
15 mai 2012

Les opérations de financement à long terme de la Banque Centrale Européenne

La Banque Centrale Européenne est la banque des banques, prêter de l'argent aux banques (dans des conditions bien définies) fait partie de ses missions. Les banques sont tenues par la réglementation de déposer auprès de la banque centrale leurs excédents de liquidités. Ce qui a changé fin 2011, c'est la manière dont la BCE joue ce rôle. En modifiant les caractéristiques de ses opérations de financement des banques, la BCE a permis aux banques européennes de trouver les ressources dont elles avaient besoin à moyen terme.

 

Quelques définitions : LTRO (Long Term Refinancing Operation) ≠ MRO (Main Refinancing Operation)

  • Les opérations de refinancement sont un outil classique de politique monétaire de l'Eurosystème depuis sa création. Les MRO sont des opérations de court terme (à la semaine ou au mois). Ces prêts sont consentis par la BCE aux banques européennes en échange d'un dépôt de garanties appelé le collatéral du prêt. La BCE publie régulièrement la liste des titres qu'elle accepte en collatéral.
  • Les opérations de LTRO fonctionnent de la même manière. Ce qui est nouveau, c'est la maturité des prêts. Elle est passée de 6 mois à 1 an, puis à 3 ans. Et la liste des garanties acceptées en collatéral a été élargie (cf annexe). Les deux opérations de décembre 2011 et février 2012 à 3 ans ont également été réalisées à taux révisable, et en quantité illimitée, ce qui les rend exceptionnelles.

Pourquoi de telles mesures ?

  • De nombreuses dettes bancaires arrivent à échéance en 2012. Les marchés financiers anticipaient des difficultés des banques à faire face à toutes leurs échéances. Mettre à la disposition des banques des liquidités leur a permis de refinancer par anticipation ces dettes, et donc de ne pas avoir de difficulté à l'échéance.
  • Les deux opérations de décembre 2011 et février 2012 ont permis d'injecter 1.000 milliards d'euros de liquidités dans le système financier européen, dont 500 milliards de liquidité complémentaire. Outre le remboursement de leurs emprunts obligataires venant à terme en 2012, les banques ont aussi pu augmenter leurs volumes de crédits et de titres à l'actif de leur bilan. Le montant (500 milliards d'euros) parait très important, mais il ne représente que 5% environ de l'encours total des prêts aux entreprises et aux particuliers dans la zone euro, qui s'élève à 10.000 milliards d'euros.
  • Ces 1.000 milliards d'euros représentent aussi une part importante des obligations bancaires qui arrivaient à échéance en 2012-2013. Les banques européennes sont donc désormais financées, c'est-à-dire qu'elles ont les liquidités nécessaires, pour passer les échéances de 2012 et 2013. Les adaptations à Bâle 3 peuvent ainsi se faire de manière moins brutale, en limitant notamment la diminution du bilan des banques redouté pour son effet récessif sur l'économie.

Ces opérations ont-elles eu l’effet escompté ?

  • Les opérations de LTRO ont apaisé les doutes sur le fonctionnement du marché interbancaire. Une situation de credit crunch en Europe a été évitée. Le risque d'assèchement de la liquidité a disparu.
  • On a observé un retour de la confiance des investisseurs, qui s'est traduit en mars 2012 par des baisses importantes de taux des obligations d'Etat des pays périphériques de la zone euro. Les banques, dès le début de 2012 ont retrouvé la capacité de se financer à long terme, grâce à la ré-ouverture du marché de la dette senior. Mais ces évolutions restent fragiles.
  • Les opérations de LTRO ont donc eu l'effet escompté : gagner du temps pour régler les problèmes de fond. Elles ne sont pas une solution en soi, elles s'inscrivent dans une stratégie globale de réponse à la crise dans la zone euro. Cette accalmie permet aux gouvernements pour préparer une véritable sortie de crise, et aux banques de s'adapter aux nouvelles réglementations tout en finançant l'économie.

Pourquoi les banques redéposent elles ces fonds à l’Eurosystème ?

  • Déposer ses liquidités auprès de la BCE est une obligation réglementaire pour les banques européennes. Chaque jour, elles calculent leur position de trésorerie et déposent ces fonds auprès de leur banque centrale. Ces sommes sont rémunérées pour les banques au taux de 0,25%.
  • Les opérations de la BCE ont amené les banques à détenir plus de liquidités qu'elles n'en ont besoin dans l'immédiat. Elles déposent donc ces fonds, qu'elles ont empruntés à 1% contre une rémunération de 0,25%. Elles perdent de l'argent sur ces dépôts.
  • Cette situation se stabilisera. Les fonds déposés à l'Eurosystème vont diminuer au fur et à mesure des échéances de dettes obligataires et de l'augmentation des crédits à moyen et long terme financés.

Quelle sortie pour les opérations de LTRO ?

  • Les banques ont la possibilité de rembourser les fonds empruntés au bout d'un an. Certaines grandes banques européennes ont annoncé début mai 2012 qu'elles l'envisagent, dès lors qu'elles auront émis des obligations sur des durées supérieures à 3 ans, sur lesquelles elles pourront adosser des crédits longs. Elles éviteront ainsi de devoir rembourser de lourdes échéances à l'issue des trois ans, fin 2014 et début 2015.
  • Pour toutes les banques européennes, le meilleur financement possible reste un financement direct par les marchés. Les opérations de LTRO de la Banque Centrale Européenne donnent de la souplesse aux établissements financiers, confrontés à des adaptations réglementaires importantes. Elles leur permettent de constituer un matelas de sécurité tout en poursuivant leurs activités de prêteur.
  • Dès que cela a été possible, les banques françaises ont émis des dettes sur le marché obligataire, pour garantir leurs plans de financement 2012 dans des conditions de marché normales, et diversifier leurs sources et maturités de financement.


Source BCE
 
 
 
 
Retour haut de page