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15 novembre 2013

"Les banques françaises prêtent 230 milliards par an de nouveaux crédits"

Extraits de l'interview de Pierre de Lauzun, Directeur général délégué de la FBF, sur BFM Business le 14 novembre 2013 à l'émission "Le Grand Journal"

 

Hedwige Chevrillon

"On va essayer d'éviter de laisser tomber l'industrie, l'Etat va faire ce que les banques et les systèmes financiers ne font pas", c'était la déclaration hier d'Arnaud Montebourg lors de la présentation de son plan de redressement économique. Pierre de Lauzun, vous êtes directeur général délégué de la Fédération bancaire française, donc qui regroupe toutes les banques françaises. Comment est-ce que vous avez vécu les attaques d'Arnaud Montebourg hier ?


Pierre de Lauzun

C'est pénible mais habituel, c'est-à-dire qu'on nous dit qu'on ne fait pas notre métier alors que les encours de crédit continuent à augmenter en France et que toutes les enquêtes notamment celle de la BCE montrent que sur ce plan-là et en satisfaction des demandes on se trouve parmi les meilleurs élèves au niveau européen. Donc c'est une accusation habituelle, en même temps...


Hedwige Chevrillon

J'ai envie de dire est-ce que c'est presque une réponse habituelle des banquiers ? Et pourtant on voit bien qu'on est dans une situation plus compliquée, est-ce que c'est peut-être parce qu'il y a plus d'entreprises qui en ont besoin ?


Pierre de Lauzun

Oui, ça c'est vrai, c'est-à-dire que les entreprises n'ont pas nécessairement plus besoin de crédits parce que la demande de crédits n'augmente pas. En revanche, c'est vrai qu'il y en a un certain nombre d'entre elles qui sont dans des situations plus difficiles objectivement. Comme ça devient de plus en plus difficile évidemment elles ont des dossiers qui sont moins bons, donc celles-là ont plus de difficultés. Mais d'autres se débrouillent et c'est ce qui fait que les chiffres globaux sont plutôt en augmentation. Et il est clair que la différence probablement avec monsieur Montebourg c'est qu'il a l'air de penser que le métier d'une banque c'est prendre des risques inconsidérés. Le métier d'une banque...


Hedwige Chevrillon

Non, pas inconsidérés, "c'est de prendre des risques, or vous ne prenez plus de risque", je cite toujours Arnaud Montebourg.


Pierre de Lauzun

Oui mais prendre plus de risque du tout ça voudrait dire ne pas prêter du tout. Or, on prête et on prête chaque année plus que l'année précédente, donc on ne peut absolument pas dire ce que dit monsieur Montebourg. Je voudrais quand même aussi donner une petite comparaison de chiffres, si j'ai bien compris il évoquait un chiffre de 300 millions.


Hedwige Chevrillon

Oui.


Pierre de Lauzun

Nous, nous prêtons 230 milliards par an de nouveaux crédits. Donc on est dans un rapport qui est quasiment de un à 1.000, donc il faut quand même un petit peu voir les réalités. Autrement dit, on a d'un côté un petit jouet sympathique et d'un autre côté une énorme industrie qui fait son boulot.


Hedwige Chevrillon

C'est peut-être là l'explication...


Pierre de Lauzun

On est dans une économie qui se ralentit, on est dans une économie à décroissance et les chiffres de croissance l'ont montré. Donc ces patrons-là ont des bilans moins bons, des chiffres d'affaires moins bons et un certain nombre cherchent à se tirer d'affaire avec du crédit. Le crédit n'est pas nécessairement une réponse, la réponse fondamentale c'est l'activité elle-même, l'activité globale d'une part, et cas par cas pour telle ou telle entreprise des fonds propres, c'est ça le problème de base. Globalement, nous fournissons, nous avons intérêt à fournir d'ailleurs parce qu'un crédit c'est de l'argent gagné pour une banque, donc elle a intérêt à prêter. C'est comme si on disait le MC DO ne vend pas d'hamburgers, ce n'est pas possible, le MC DO est là pour vendre ses hamburgers, [...] il est évident qu'on ne peut pas prendre des risques inconsidérés, il ne faut pas oublier qu'on prête l'argent de nos autres clients, les déposants, donc c'est le même argent qu'on mettrait en risque. Et d'ailleurs on a un juge de paix sur tout ça qui est la médiation du crédit auquel les emprunteurs qui ont des problèmes s'adressent. [...]


Non, on subit des contraintes considérables et si on répercutait ces contraintes effectivement sur l'économie française alors là on aurait des chiffres en baisse, ça ne serait pas du tout les chiffres qu'on a. On a une baisse...


Hedwige Chevrillon

Si vous voulez bien nous dire le chiffre de la Banque centrale européenne...


Pierre de Lauzun

Pour prêter 100 il y a cinq ans on avait besoin de trois ou quatre de capital. Maintenant, il faut plus de 10. Donc on a multiplié les fonds propres nécessaires chaque fois qu'on prête par deux ou trois ou quatre selon la manière dont on calcule. Mais qu'est-ce qu'ont fait les banques françaises ? Elles ont fait porter l'essentiel de cet effort sur leur activité de gros et sur leur activité internationale qu'elles ont réduite. Donc elles ont fait ce qu'elles ont pu pour épargner précisément l'économie domestique et c'est ce qui fait que les encours de crédit augmentent en France. [...]


Hedwige Chevrillon

Il y a demain un sommet européen important, un Conseil européen important notamment sur l'union bancaire, Michel Barnier, le commissaire européen en charge des services et du marché intérieur, était mon invité lundi, donc gros enjeux sur la résolution bancaire, c'est-à-dire savoir qu'est-ce qui se passe quand une banque est en faillite, et puis gros sujet aussi autour de l'union bancaire. La Commission européenne commence à auditionner dans ce cadre-là les différentes banques notamment pour les stress tests 2014. Comment se portent les banques françaises, on dit qu'elles ont un problème de liquidités ?


Pierre de Lauzun

Il y a un exercice global que fait la Banque centrale européenne qui est un peu normal puisque comme elle va surveiller les banques elles commencent à regarder dans quel état, sont les banques, c'est un excellent exercice. Donc on est pour et on l'aborde avec une grande sérénité du point de vue des banques françaises.


Hedwige Chevrillon

D'accord mais maintenant le diagnostic...


Pierre de Lauzun

Sur la solvabilité on a parmi maintenant les meilleurs ratios d'Europe, c'est-à-dire des niveaux de fonds propres. En revanche, sur la liquidité, le ratio a été calculé évidemment en fonction de la situation de la plupart des pays. Or, nous nous avons une situation particulière, c'est-à-dire tout simplement on a le livret A où une grande partie des dépôts, ceux du livret A, partent à la CAISSE DES DEPÔTS et on a l'assurance-vie qui est de l'argent qui ne va pas dans les banques. C'est le ratio qui est moins favorable, ce n'est pas la liquidité des banques.

[...]

 
 
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