 | Pensez-vous que l’hypothèque rechargeable pourrait contribuer à soutenir la consommation en France ? |
 | L’hypothèque rechargeable permet à un emprunteur ayant amorti au moins une partie d’un crédit garanti par hypothèque de mobiliser la fraction disponible pour gager un nouveau crédit, y compris non-immobilier. Pour les consommateurs, ce dispositif complétera la gamme de produits de financement proposée par les établissements. Mais on peut présumer qu’il ne connaîtra pas en France un succès aussi grand qu’au Royaume-Uni. La culture est différente, et les crédits sont davantage octroyés sur des critères de charges par rapport au revenu plutôt que sur la valeur de la garantie. D’autant que le marché du crédit en France est jugé efficace par les observateurs et les clients, et qu’il n’est pas possible de bouleverser profondément le cadre juridique et historique dans lequel il s’exerce sans en mesurer au préalable toutes les conséquences.
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 | Le rapport Grimaldi est très prudent sur le «reverse mortgage» ou «crédit viager hypothécaire». Partagez-vous son analyse ? |
 | Le crédit viager hypothécaire est un prêt dont le capital et les intérêts sont remboursables in fine, au moment du décès ou du déménagement de l’emprunteur. Le projet part du constat que le capital immobilisé par les personnes âgées propriétaires de leur logement représente la plus grande part de leur patrimoine, et qu’elles peuvent souhaiter en extraire des liquidités pour les transmettre de leur vivant à leurs enfants, faire face à des dépenses comme la dépendance,ou améliorerleur train de vie.
Même si l’introduction de ce dispositif peut répondre à certaines demandes, ce devrait rester un marché de niche, comme c’est le cas aux États-Unis, au Canada et en Grande-Bretagne. Ainsi, nous partageons la prudence du professeur Grimaldi, qui a remis son rapport au Garde des Sceaux fin mars.
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 | La Commission européenne travaille sur l’intégration du marché du crédit immobilier, suite aux recommandations du Forum group. Que pensez-vous des pistes proposées ? |
 | Ce groupe de réflexion, auquel a participé l’industrie bancaire, avait pour mission d’identifier les obstacles à l’intégration européenne du crédit immobilier. Il a publié 48 recommandations sur lesquelles les professionnels travaillent actuellement, la Commission devant publier un Livre vert cet été.
Si le principe d’une consultation des professionnels en amont est une bonne méthode, nous ne partageons pas toutes ses conclusions.
Dans le domaine de l’intégration du marché de la banque de détail, notre analyse est constante : il faut une harmonisation ciblée sur les éléments permettant de comparer les offres. C’est une condition essentielle de la confiance des consommateurs et du respect de la concurrence. Ainsi, l’harmonisation du TEG, de l’information précontractuelle, des délais de réflexion, et celle des règles du remboursement anticipé pourraient être une première étape.
En revanche, la FBF reste réservée quant à la création de l’euromortgage, sorte de garantie paneuropéenne, et quant aux fichiers positifs, inutiles et coûteux. |
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