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Novembre 2016

PARADOXE



Alors que le financement de l'économie est une priorité, l'évolution de la règlementation qui pèse sur les banques risque de remettre en cause cet objectif partagé par tous les acteurs.

Le moteur du crédit au TPE/PME tourne bien ! L'encours de crédits croît de 3,2% sur un an. Plus d'un million de TPE/PME en France sont ainsi financées. Et contrairement à une idée reçue, en France l'accès au crédit est élevé : 9 demandes de crédit d'investissement sur 10 reçoivent une réponse positive. De plus, les PME en France bénéficient des taux d'intérêts les plus favorables de la zone euro avec un taux pour les nouveaux crédits à 1,86%(1) contre 2,35% dans la zone euro.

Au-delà du crédit, la profession bancaire accompagne les PME dans leur développement grâce à un dialogue régulier et transparent, et une information adaptée. C'est ce que développe notre fédération au travers de ses 105 comités territoriaux et en nouant des partenariats, comme récemment avec WikiPME, première communauté digitale d'entrepreneurs. Le partage de contenus et la mise en réseau permettent de renforcer l'accès à l'information pour l'entrepreneur et la bonne connaissance du fonctionnement des relations avec la banque.

Le partenariat banque - PME fonctionne bien, et cette dynamique est nécessaire pour relancer la croissance. Il ne faut donc pas la casser en empilant les contraintes !

Mais l'évolution de la réglementation ne va pas dans le bon sens. Les banques doivent faire face à des contraintes de plus en plus lourdes. Prenons un exemple concret : dans les travaux actuels de Bâle, les coûts de financement des infrastructures type autoroute pourraient être multipliés par près de 4, et le coût de financement d'un avion par près de 7 !

S'ajoute aussi à cette règlementation prudentielle de nouvelles normes comptables, dites IFRS9, qui imposent de provisionner immédiatement le risque de crédit en fonction des pertes statistiques sur les crédits et non plus seulement avérées.

Tout ceci pourrait entrainer une pression sur la réduction des bilans bancaires qui portent ces crédits, un renchérissement du coût du crédit, mais aussi un vrai risque de " standardisation " du métier bancaire, alors que notre marque de fabrique est la proximité.

Ce serait dommage ! Car la règlementation, quand elle est bien calibrée, peut-être plus pertinente. Prenons l'exemple, au niveau européen, de la mise en oeuvre du " SME supporting factor " que notre fédération a défendu. Ce traitement prudentiel permet une prise en compte adaptée des financements des PME ; cela signifie que pour un financement accordé à une PME, le montant des fonds propres que doit mobiliser la banque est moindre que pour le financement d'une plus grande entreprise. C'est indéniablement un facteur essentiel de soutien du financement des entreprises.

Certes, la finance doit être régulée. Mais il faut s'accorder sur les objectifs !


(1) Taux des nouveaux crédits inférieur à 1 million d'euro et dont la période de fixation est de moins de 1 an - BCE, septembre 2016.

Marie-Anne Barbat-Layani
Directrice générale de la Fédération bancaire française

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Nos Positions

Transmettre c'est entreprendre
La FBF a décidé de soutenir la campagne de communication sur la transmission d'entreprise lancée par la secrétaire d'Etat chargé de commerce de l'artisanat, de la consommation et de l'économie sociale et solidaire. Elle est complémentaire de notre démarche d'information et de sensibilisation des entrepreneurs (www.fbf.fr et www.aveclespme.fr). En effet, cette campagne vise à informer les chefs d'entreprise et les porteurs de projet des opportunités offertes par la cession et la reprise d'entreprises, véritables enjeux pour l'emploi et le dynamisme des régions. Au travers de leur réseau de proximité, 37 567 agences sur l'ensemble du territoire, et grâce au développement d'expertises à destination des TPE/PME, les banques sont des acteurs naturels qui peuvent accompagner le chef d'entreprise dans sa démarche de transmission ou de reprise. Près de 60 000 entreprises qui sont transmises chaque année, et 90% des entreprises à céder ont moins de 50 salariés.

Banques françaises et PME, ensemble pour la croissance
La FBF a participé pour la 2ème année consécutive à " Planète PME ", le rendez-vous annuel des PME organisé par la CGPME. Le thème "La croissance c'est nous ! ", la profession bancaire s'y retrouvait tout à fait. Le financement de l'économie, et notamment des PME, est la première priorité stratégique des banques françaises. Le crédit est un accélérateur de projets et de croissance pour les entreprises françaises. Ce salon est aussi l'occasion d'aller à la rencontre des PME pour les écouter et améliorer le partenariat banque/PME.

Une bonne gestion du risque
Selon une étude publiée récemment par KPMG, les établissements bancaires basés en Europe détiennent environ 1 200 milliards d'euros de prêts non-performants (un prêt est considéré comme non-performant après un retard de paiement de 90 jours). Les situations sont cependant contrastées. En France, le volume de prêts non-performants rapportés au total des prêts s'élève à fin 2015 à 4%, contre 5,70% en zone euro et 18% en Italie (source : FMI, Global Financial Stability Report). Si les banques françaises ont moins d'encours dépréciés, ces derniers sont aussi bien provisionnés : les chiffres de l'ACPR le montrent. Le système bancaire français est l'un des plus solides en Europe et c'est un atout pour notre pays.

Ils l'ont dit

Discours du Vice-President Dombrovskis à la conférence de presse de l’ECOFIN, Luxembourg
10/12/2016
[A propos des travaux en cours du Comité de Bâle]. « Nous devons trouver des solutions qui assurent à la fois la stabilité financière et ne pèsent pas indûment sur le financement de l'économie en Europe. Il est tout aussi important de conserver une sensibilité suffisante des risques dans le cadre réglementaire. Nous voulons éviter des changements qui conduiraient à une augmentation significative des exigences de fonds propres. Nous avons reçu un fort soutien de tous les États membres de l'UE sur ce point en Juillet. Ce qui est en ligne avec les engagements du Comité de Bâle. Dans les discussions les ministres ont réitéré cette position - que nous devons tenir. »

La FBF et les médias

La Tribune - "Le numérique est un des grands défis des banques avec les taux et Bâle IV"

5/10/2016

Dans un entretien au journal La Tribune, Marie-Anne Barbat-Layani, Directrice de la FBF, évoque les grands défis des banques. Le plus visible est certainement le numérique qui fait évoluer les usages de la banque au quotidien. Cela ne remet pas en cause ni le conseiller, ni l’agence. Ainsi, le modèle plébiscité par les français est celui d'un conseiller attitré, complété d'un bon service numérique. Le numérique vient renouveler la proximité entre les clients et leur banque. Il faut donc voir le numérique comme une opportunité d'amélioration de la relation client et d'innovation. Ainsi la concurrence avec les nouveaux acteurs non bancaires ou même les Fintechs soulève surtout des questions de sécurité : « Nous sommes très vigilants sur la sécurité globale du système et l'égalité de concurrence ».


Le Monde - Les banques françaises renforcent encore leur engagement pour l'insertion des jeunes

3/10/2016

Le journal Le Monde a consacré 2 pages au partenariat entre l’AFB et l’Agence pour l'Éducation par le Sport (APELS) dont le programme Déclics sportifs est un véritable succès et donne une vision différente des jeunes issus de quartiers défavorisés. L'objectif du partenariat est de permettre à de jeunes talents issus de clubs sportifs, mais en marge du monde du travail, de s'insérer durablement dans un établissement bancaire en lui apportant leur détermination, leur enthousiasme et leurs compétences. "Nous avons embauché plus de 36 000 personnes l'an passé. Il n'est pas question de philanthropie, les banques ont besoin de tous les talents. Les jeunes de Déclics sportifs ont un taux de 80% de transformation de leur contrat en CDI. Manifestement, ces associations sont un gisement ". Forte de cette expérience, l'AFB incite tous ses membres à adhérer à ce nouveau programme.


Le Monde - Les principales banques françaises prévoient d'embaucher entre 8 100 et 12 000 CDI en 2017

11/10/2016

Les banques françaises continuent d’embaucher massivement en 2016 et 2017 sera sur la même tendance. Les banques françaises bénéficient d’une bonne santé liée à leur modèle d’activité équilibré qui leur permet de confirmer leur rôle clé dans l’emploi et notamment dans les recrutements de profils qualifiés. Avec une pyramide des âges favorable qui induit de nombreux départs en retraite. La FBF explique : « Les banques françaises ont pris en main le sujet de l’emploi et procédé à une gestion prudente des effectifs. L’emploi net diminue certes, mais le volume de recrutements global est important. ». Tous réseaux confondus, plus de 36 800 recrutements ont été comptabilisés en France en 2015, dont deux tiers en CDI.


Agenda

Novembre
7 / 22

COP 22 à Marrakech

Novembre
14

Les entretiens de l’AMF 2016 : "L'impact du Brexit sur l'Europe des services financiers"

Novembre
15

EIFR, conférence annuelle à Paris : "Articuler Union bancaire et UMC pour une Europe compétitive : Pourquoi et comment ?"

Novembre
17

Publication du Livre blanc du Pole Innovation "Banque & fintech : enjeux d’innovation dans la banque de détail", présentation à la FBF

Novembre
21

Conférence de Bruegel : "Competition policy and regulation in the banking sector", Bruxelles

Novembre
28 / 29

Réunion du Comité de Bâle, Santiago

Décembre
2

Rencontres en région : Marie-Anne Barbat-Layani à Lille

Décembre
5

G20 2016 : présidence allemande

Le tweet du mois

Le chiffre du mois

M-A Barbat-Layani : Nous sommes ravis d'accompagner et de soutenir @WikiPME, un projet novateur de communauté d'entrepreneurs digitale
@FBFFrance

20,5 mds € de nouveaux crédits aux entreprises ont été accordés par les banques françaises