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Janvier 2016

En 2016, il ne faut pas se tromper de priorités

En ce début d'année, je vous présente au nom de la Fédération bancaire française nos voeux les plus sincères pour 2016. Si nous ne devions former qu'un seul souhait pour notre profession, c'est que les régulateurs bancaires remettent enfin le financement de l'économie au centre de leurs préoccupations. Les leçons de la crise ont été tirées et l'agenda de sécurité financière est désormais plus que rempli. Dans la zone euro, les mécanismes de supervision unique et de résolution des crises bancaires sont opérationnels. La structure financière des banques a été considérablement renforcée. Etats et déposants peuvent donc être à juste titre rassurés sur la solidité et la capacité de résistance du secteur bancaire.

Dès lors, il ne faut pas se tromper de priorité. Les banques doivent pouvoir se consacrer pleinement au service de leurs clients. Les nouvelles priorités de Bruxelles, la croissance et l'emploi, imposent de renoncer à quelques vieilles lunes. En l'occurrence les projets de séparation des banques et de taxe sur les transactions financières. Pour une simple raison : s'ils aboutissent ces projets seront totalement contre productifs pour notre économie, nos entreprises et l'emploi.

Tout d'abord la séparation des banques. La question des banques dites "trop grosses pour faire faillite" a été réglée par les nouvelles exigences prudentielles internationales, dites "TLAC" : une séparation des activités de banque de financement et d'investissement des activités de banque de détail est désormais devenue sans objet. Pire, en créant de nouvelles contraintes sur les activités de marché applicables aux seules grandes banques européennes - pour ne pas dire françaises- nous nous dirigeons tout droit vers une Europe financière sans acteurs européens capables de financer l'économie et d'accompagner leurs clients à l'international. Est-ce vraiment ce que souhaite le Parlement européen ? Il lui appartient maintenant de s'élever contre cette erreur stratégique pour l'Europe.

Ensuite la taxe sur les transactions financières. Dix pays en Europe, dont la France, s'attachent encore à ce projet. Ce serait une illusion d'imaginer que, dans un monde économique globalisé, imposer une taxe dans un périmètre aussi réduit n'aura pas d'effets désastreux pour les entreprises et les places financières concernées. C'est un contre-sens historique au moment où pour financer nos entreprises, comme le souhaitent les régulateurs eux-mêmes, il faudra de plus en plus recourir aux marchés de capitaux. L'Europe continentale, et singulièrement la France, ne peut pas se priver de places financières solides et compétitives.

Dans un environnement économique encore incertain, ces choix sont fondamentaux. Oui, vraiment, en 2016 il ne faudra pas se tromper de priorités.
Marie-Anne Barbat-Layani
Directrice générale de la Fédération bancaire française

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Nos Positions

Un système bancaire encore plus sûr
Après la supervision unique, l'entrée en vigueur le 1er janvier de la Directive résolution, dite BRRD (Bank Recovery and Resolution Directive), marque une nouvelle étape dans la sécurisation du système bancaire. Pour faire face à d'éventuelles difficultés, les banques devront disposer des ressources nécessaires pour poursuivre leurs activités essentielles à la stabilité financière. Avec ce mécanisme, complété par des fonds de résolution constitués par les banques elles-mêmes, tout risque de recours à des financements publics ou aux dépôts de la clientèle est désormais écarté.

Pour en savoir plus

Pour une République numérique synonyme de sécurité
Le projet de loi "Pour une République numérique" arrive devant l'Assemblée nationale. Il s'agit d'un texte dont les enjeux sont importants, notamment en matière de protection des données personnelles et des transactions. Ces sujets sont majeurs pour la profession bancaire. La FBF a contribué à la consulation publique organisée sur ce projet. S'agissant des paiements par SMS que la loi entend favoriser, elle a rappellé que ces solutions ne doivent pas être pour les consommateurs synonyme de sécurité au rabais. Au contraire, pour préserver la confiance des utilisateurs, elles doivent aussi garantir des niveaux élevés de sécurité.

Les banques françaises mobilisées dans la lutte contre le financement du terrorisme
Les attentats de Paris bouleversent de nouveau nos priorités, et les banques françaises tiennent à contribuer efficacement à la lutte contre le financement du terrorisme. Fortes d'une expérience de 25 ans de coopération avec les pouvoirs publics, elles répondent présent et se mobilisent. Elles sont aussi aux côtés de leurs clients, tout particulièrement dans les secteurs touchés par les conséquences des attentats : être banque de proximité, cela a un sens !

Pour en savoir plus

FBF et média

Wansquare

28/12/2015

Les grands noms de l'économie se livrent sur WanSquare

Comme chaque année, Wansquare donne la parole à des personnalités du monde de l'économie, de la finance et de l'industrie pour témoigner de la façon dont elles ont vécu l'année qui s'achève, et ce qu'elles attendent en 2016. Pour Marie-Anne Barbat-Layani, le fait marquant pour le secteur bancaire français en 2015 est "l'adoption au Conseil européen d'un projet de séparation des banques créant de nouvelles contraintes sur les activités de marché applicables aux seules grandes banques européennes et notamment françaises (...) Va-t-on vers une Europe financière sans acteurs européens ? Il appartient maintenant au Parlement européen de s'élever contre cette erreur stratégique.". Son souhait pour 2016 ? "Que l'on remette le financement de l'économie au centre des préoccupations des régulateurs bancaires. Les leçons de la crise ont été comprises, l'agenda de sécurité financière est plus que rempli : les banques doivent maintenant pouvoir se consacrer au service de leurs clients et au défi numérique".


Le Parisien

6/12/2015

Avenir variable pour les taux fixes ?

Le crédit immobilier à taux fixe est-il menacé ? La menace est réelle. Le quotidien Le Parisien se fait l’écho des inquiétudes des professionnels de l’immobilier face aux projets du Comité de Bâle sur la gestion du risque de taux. Interrogée, la FBF souligne que "le crédit immobilier, abondant et attractif, se caractérise en France par un système de taux fixe auquel les clients sont très attachés car il leur apporte une grande sécurité". D’où la difficulté à comprendre la logique d’une réforme qui ferait peser sur les clients le risque d’une fluctuation des taux jusqu’ici parfaitement maîtrisée par les banques.


L'Agefi Hebdo

10/12/2015

Cette finance qui sort de l'ombre

Régulation et shadow banking : "La question se pose car s’ils supportent moins de contraintes, cela peut fausser la concurrence", explique Marie-Anne Barbat-Layani dans un dossier de l’Agefi Hebdo. « De nouveaux acteurs émergent, dans les financements mais aussi dans les moyens de paiement », explique-t-elle, et "le sujet de l’information et de la protection des clients est centrale (...) Il en va de l’intérêt collectif d’assurer leur protection".


Agenda

Janvier
12

Symposium Banque de France / BRI : taux d'intérêts ultra-bas et défis pour les banques centrales.

Janvier
16

Publication de l'enquête BCE "Euro aera bank lending survey".

Janvier
19

Participation de Marie-Anne Barbat-Layani à la Conférence annuelle Euronext sur le thème "L'innovation au coeur du financement".

Janvier
20-23

Forum Economique de Davos.

Janvier
28

Participation de Marie-Anne Barbat-Layani au Paris Fintech Forum.

Janvier
28

Publication des résultats de l'Observatoire du crédit aux ménages 2015.

Le tweet du mois

Le chiffre du mois

#Crédits aux #entreprises en accélération en novembre : +4,5%
@FBFFrance

0,7% : la part modeste que représentent les services financiers dans le budget des ménages français (source : Observatoire des tarifs bancaires).